Yennayer
Etymologiquement le mot Yennayer est formé de deux mots qui sont :
– Yen qui veut dire premier
– Ayer qui veut dire mois.
Yennayer est donc le premier mois de l’année dans le calendrier amazigh. Amenzu n’yennayer (1er jour de l’an amazigh coïncide avec le 12 janvier du calendrier grégorien).
L’an 1 amazigh remonte donc à 950 avant J-C. C’est le roi Sheshonq (chachnaq) qui, après avoir conquis le Delta du Nil, fonda la 22ème dynastie pharaonique. Une première bataille, une victoire grandiose.
Yennayer est fêté avec ferveur dans toute Tamazgha (berbèrie), là où vivent encore des berbères. De l’oasis de Siwa en Egypte jusqu’aux îles canaries dans l’Atlantique, de Ghadamès en Libye jusqu’à Tlemcen dans l’ouest algérien, des hautes terres des Chaouia aux oasis mozabites, dans le rif marocain, sur les côtes tunisiennes. Et surtout en Kabylie.
Yennayer est fêté selon les caractéristiques de la région et les traditions de ses habitants mais l’objectif est le même :
« C’est la fête présage d’une nouvelle année féconde ».
En Kabylie, la célébration se fait à travers des rituels, des sacrifices et des plats particuliers. En pleine saison de cueillettes des olives, le travail est arrêté. Les maisons sont nettoyées de fond en comble, repeintes, décorées et ouvertes aux convives.
Dans certains villages, c’est aussi la première coupe de cheveux pour les garçons. L’homme le plus vieux se charge de la besogne :
« Le petit vivra, souhaite-t-on ainsi, aussi longtemps que ce vieux coiffeur de la circonstance ».
Une seule pratique est partagée par les citoyens de toutes les contrées, il s’agit du réveillon du 31 boudjember, dernier jour de l’an qui s’achève. Le rituel est à quelques détails près, identiques pour tous. Il consiste en un repas familial précédé d’un rite sacrificiel symbolique dont la portée est de protéger la famille du mauvais sort durant toute l’année qui arrive. On se doit de sacrifier un coq fermier. La famille élargie, parfois tout le clan, se retrouve autour d’un couscous au poulet fermier agrémenté de morceaux de viandes séchées (acedluh). On déguste toute la soirée des friandises et des fruits secs gardés pour la circonstance. Des grenades, des figues, des dattes, des raisins, des pruneaux sont sortis des jarres de terre cuite, des amphores bien dissimulées dans l’architecture des maisons berbères notamment dans la soupente (tissi) qui prolonge la grange (adaynin). Certains adultes sont chargés, toute la soirée, d’expliquer aux enfants l’histoire de Yennayer pour cultiver la mémoire et perpétuer la culture.
Une manière comme une autre de transmettre nos coutumes et de ne pas oublier nos racines.
Source : Madjid Aït Mohamed
ⴰⵙⵙⴻⴳⴰⵙ ⴰⵎⴻⴳⴰⵣⵣ – ASSEGAS AMEGAZ – BONNE ANNEE 2972 / 2022