Kabylie Tadmaït
Tadmaït en langue berbère signifie paume (de la main), mais qui peut signifier aussi le palmier-nain, en effet le chef-lieu de la commune est une plaine inondable (inondations durant les années 1970 à 80) où passe le Sebaou. Aussi Tadmaït est donc entourée de montagnes, ce qui lui donne cet aspect semblable à une paume de main.
Le Sebaou, (Asif n Sebaw en kabyle) est la principale rivière de la Kabylie de Djudjura (ou l’actuelle wilaya de Tizi-Ouzou en Kabylie, Algérie), qui se jette dans la Méditérranée près de la ville de Dellys (Tadellest) ville côtière de Kabylie, rattachée à la wilaya de Boumerdes. Sebaou c’est aussi l’appellation donnée à la vallée traversée par cette rivière qui va de Boubhir jusqu’à Dellys.
Les montagnes de Kabylie « adhrar » depuis Tadmaït
« Celui qui a des amis dans les montagnes, n’aura pas à avoir peur dans les plaines. »
Proverbe Kabyle
Les souvenirs dans mon village de Kabylie…
Quand on allait en Kabylie durant notre enfance, il y avait des moutons, des poules, des chèvres dans la maison où mon père a grandi. Ma grand-mère, amenait quotidiennement les moutons plus haut dans les montagnes. En troupeaux, accolés les uns aux autres et on la suivait pour de longues promenades dans les beaux paysages de notre chère Kabylie. Ils étaient nourris à l’herbe, au fourrage et à l’orge. « Selon les éleveurs, la saveur de la chair des moutons élevés en montagne «n’tmurt» est incomparable. » J’avoue ne pas m’en souvenir, car autant que je m’en rappelle, je n’ai jamais aimé la viande de mouton ! La galette (arlhom akorane) ifelfel et l’huile d’olive ça j’adore, un vrai délice ! Ah ! l’huile d’olive de ma grand-mère !
Après la cueillette de ses oliviers, je me souviens qu’elle écrasait les olives avec ses pieds « à l’ancienne » comme beaucoup de nos grands mères de cette génération, elles avaient le secret de traiter et filtrer ensuite cette huile et on ramenait dans nos bagages, le stock de « zit u zemur » » (huile d’olive) versée dans des bouteilles improbables pour le voyage. C’est sûr qu’après tant d’efforts, l’huile du pays ne peut être que la meilleure de toutes car imprégnée de ce goût si particulier de l’effort et de l’attachement aux racines. D’ailleurs, il est impossible de faire vendre ses terres à un Kabyle !
Chez nous, l’huile d’olive sert à beaucoup de choses, en cuisine avec les plats kabyles évidemment mais aussi quand on est affaibli ou malade…Petite, j’avais souvent des otites et ma mère réchauffait une cuillère à soupe d’huile d’olive (celle qui n’a pas d’eau, spécialement conçue comme un médicament), qu’elle me mettait dans l’oreille…Le lendemain, la douleur avait disparue !
Dans le jardin de la maison, parmi les oliviers, les figuiers… il y avait aussi un grand potager. On nous envoyait, nous les enfants, cueillir les tomates, les haricots verts… les citrons sur l’arbre, pour la préparation des repas autour du Kanoun.
Et chaque jour durant l’été par fortes chaleurs, sieste obligatoire pour ensuite prendre le café au lait tous ensemble, sur les nattes en paille à même le sol sous les figuiers du jardin. Depuis l’odeur des figuiers me rappelle la Kabylie… je n’aurai jamais pensé à l’époque que tous ces moments me ramèneraient à des souvenirs si précieux plus tard…
Tadmaït – ⵟⴰⴷⵎⴰⵉⵜ