Danse & Amendil

La danse est la façon dont les gens expriment leurs sentiments et leur plaisir. C’est aussi la manière d’afficher leur patrimoine culturel. Acheddah est le terme qui se réfère à la danse en Tamazight (le langage kabyle), et les danses kabyle sont féminines ou masculines. La société kabyle évolue et ainsi leur danse traditionnelle, au fil du temps. Dans les temps anciens, les gens dansaient au rythme des chants, des applaudissements et des tambourins (Urar).

La danse kabyle est à l’origine pratiquée à l’occasion de la cueillette des olives pour célébrer l’abondance de la récolte.  Elle est accompagnée de musique traditionnelle et de trilles (ilawlawen). Les femmes portent le costume traditionnel avec foutha (morceau de tissu qui est placé sur les hanches) qui correspond à la région de la Kabylie.

Elle est aujourd’hui pratiquée à l’occasion de fêtes. Elle est caractérisée par des tremblements continuels et très rapides des hanches et sur un rythme précis.

Il existe différents types de danses :

Chez les femmes, le premier type est la danse du ventre (acheddah awa-masse) qui est exécutée en attachant une écharpe nouée autour du bassin. Il se concentre exclusivement sur l’abdomen ce type de danse est largement pratiquée par les femmes âgées (thimgharin).

Le deuxième type est la danse des hanches qui consiste à attacher une écharpe autour des hanches. Les mains tiennent une écharpe tenue soit derrière la tête ou en face du visage ou tenu par une main, relâchant l’autre, ou s’engager dans des tours accélérés et glisser habilement le morceau de tissu d’une main à l’autre.

La danse masculine n’est pas la même que la danse féminine. Les hommes bougent toute la partie supérieure de leur corps en roulant leurs épaules et leur tête. Ils lancent de la poudre à canon sur l’air (inspiration guerrière) puis ils dansent pour montrer leur force et leur courage. 

Toutes ces danses, dont chacune porte un nom particulier qui peut changer selon la région, illustrent le mouvement cosmique que chaque élément, chaque être, chaque objet, appartenant au visible ou invisible que le monde doit accomplir. Ils ont une grande signification et des interprétations symboliques dans leurs manifestations par un mouvement particulier.

Aux origines du foulard Kabyle…Amendil

L’événement remonterait au moins à trois siècles et a eu lieu sur les montagnes des Babors, dont le nom d’origine est Tiggoura, dressées sur le versant nord dominant la région de Béjaïa.
Des cavaliers appartenant à une tribu font le tour de leur région à cheval. Au moment de traverser le terrible torrent de Boussellam, périlleux affluent connu très meurtrier, ils furent surpris par le déluge d’une avalanche d’eau d’une force incroyable. Les cavaliers qui se débattaient perdent leurs chevaux violemment emportés par les eaux. Quelques-uns auront la tête fracassée contre de gros rochers. Afin de constituer une masse de poids, les cavaliers réussirent de se rassembler en s’accrochant les uns aux autres pendant que le torrent Boussellam redouble de férocité. En désespoir de cause, à bout de force et abattus, les cavaliers lancèrent des appels au secours.
Non loin de là, un groupe de femmes aux longues tresses est affairé à la cueillette et au ramassage des olives. En ce temps, en Kabylie, avoir les plus longues tresses était aussi symbole de beauté chez la femme qui ne se couvrait pas la tête. La tradition l’emportait sur tout avenant de la vie. C’est alors que les femmes accoururent et s’ouvrait devant elle une scène d’horreur.
En effet, les cavaliers n’en pouvaient plus. Ils avaient de larges plaies ouvertes qui ensanglantaient leur tête et leur visage. Leurs doigts étaient tout écorchés en tentant de s’agripper vainement aux rochers. L’eau rosissait sous l’effet de l’écoulement du sang.
Les femmes se sont mises alors à couper leurs tresses dont elles font un cordage qu’elles lancèrent aux hommes. C’est ainsi qu’ils furent délivrés d’une mort certaine.
Depuis, en Kabylie, les cheveux de la femme sont sublimés. On leur voue encore aujourd’hui un respect mêlé d’admiration. Afin de les protéger du terrible froid et des cassures dues au gel des rudes hivers des montagnes, mais aussi pour les protéger contre les ardents et brûlants rayons du soleil d’été, la femme kabyle porte le foulard. C’est une sorte d’écharpe brodée aux rebords de laquelle tombent de splendides pendules aux couleurs magnifiques. Le foulard est admirablement porté avec un nœud original placé sur le côté, un pan jeté en arrière le long des tresses sauveuses et magiques. Seule la partie des cheveux est couverte laissant apparaître un bout d’une jolie raie au milieu. C’est sur ce seul événement qu’est apparu l’usage du formidable foulard kabyle, hélas de moins en moins en usage.