FATHY
« Hassan Fathy, célèbre architecte égyptien, récipiendaire du prix Nobel alternatif en 1980, écrit dans son introduction : « l’équilibre de la société du M’zab s’exprime dans son architecture : l’unité, l’égalité sociale, religieuse, d’après la foi ainsi, toutes les maisons ont la même hauteur, pareilles à la mosquée. » Plus loin, il dit encore : « Chaque ligne exprime l’être qui l’a faite. Comme un habit à sa taille : dedans il se sent à l’aise, ce n’est ni trop grand, ni trop serré… ». »
« Cet intérêt pour l’urbanisme mozabite, André Ravéreau, le rapportera dans un ouvrage très intéressant, intitulé Le M’zab, une leçon d’architecture – préfacé par Hassan Fathy et illustré par des photographies de Manuelle Roche, sa compagne dans la vie. Il y écrit en substance : « Ce qui frappe l’observateur, ici, c’est l’unité générale de caractère. Il n’y a pas deux gestes, que l’on construise le barrage, la mosquée, la maison…Les bâtisseurs ont réduit et épuré toutes les raisons d’influence ou de prestige et choisi des solutions égalitaires – pas de palais au M’zab – , ils se sont trouvés confrontés aux seuls problèmes de défense et d’environnement ».»
« La beauté d’une forme vient des forces conciliées pour la produire. Au M’Zab, les formes concilient toutes les forces : sociales et techniques. » Hassan Fathy
« Au Sahara, mille ans d’une architecture exemplaire sans architecte ont inspiré une philosophie de la ville à André Ravéreau. Pouvoirs, urbanistes, sociologues s’épuisent à freiner la croissance des mégapoles, les bâtisseurs ne savent plus comment, ni pour qui, ils construisent. Partir des besoins élémentaires de l’homme, étudier les matériaux locaux, le climat, arrêter de « technifier », telle est la nécessité, tel est l’avenir.
Ce livre nous entraine des maisons du M’Zab – admirables et inventives – aux temples grecs, de Ledoux à Gaudi, des cathédrales aux HLM. Pour recueillir l’enseignement offert par une architecture tout de confort véritable, de tradition et de lumière ; une architecture du nécessaire. »
Préface de Hassan Fathy. Photographies de Manuelle Roche.
Édition Actes Sud Sindbad, Arles, 2003 (ancienne édition, Sindbad, Paris, 1981).
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